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Le retour

Comme certains l’ont compris, je suis rentré sur Paris après un peu plus de 10 mois de voyage en Amérique du sud entre l’Argentine et la Colombie. 8 pays traversés et beaucoup de rencontres, d’enrichissement, et de douches froides. Depuis un mois, je n’arrive toujours pas à me lasser des douches chaudes !!!

La fin du Pérou

Au nord du Pérou, sur la côte, des plages ensoleillées à perte de vue. Mancora où sortir, Punta Sal pour se reposer un peu plus. Ces endroits sont de vrais bonheurs pour ceux qui aiment ce genre de repos.
Je suis ensuite passé en Equateur par le bus Tumbes-Guayaquil en faisant le voyage avec un Colombien.

L’Equateur

Je ne pouvais clore cette première partie de blog sans parler un peu de l’Equateur où à mon sens, c’est le pays où il est le plus agréable de vivre, eu égard au coût de la vie. Le seul pays où l’on est quasi sûr de prendre des douches chaudes partout (bouteille de gaz à 1 $ et quelques).
Les transports ne sont pas chers et les salaires sont élevés pour un tel pays. Le coût du pétrole n’est étranger en rien la dedans : le litre de diesel à 1/4 de dollar.
J’ai voyagé avec Marie, une amie de l’association SCRIBE-Paris et Thomas avec qui j’étais parti en Arménie.
Cela a fait un bien fou de retrouver ses amis sur la route mais il est clair que mon voyage n’avait plus la même saveur avec eux que tout seul. Très différent de voyager avec de très bons amis. Confortable. On ne fait définitivement pas le même voyage à plusieurs que seul, chaque version ayant ses exigences et beautés.

La prévision du retour

Au cours de discussions avec Marie, j’ai décidé de mettre un terme à ce voyage. Pour l’instant.
Alors que j’imaginais travailler avec Michael, un allemand rencontré à Guayaquil, sur des bateaux aux Antilles, j’ai préféré rentrer sur Paris pour quelques 6-7 mois pour l’instant à l’issu desquels je verrai où mes envies me porteront.

La Colombie

J’ai donc trouvé un vol Bogota Madrid pour 300 dollars et à ce prix là, on ne refuse rien. Je suis donc allé à la frontière Equatorienne pour passer en Colombie.
De ce que j’ai vu de la Colombie sur peu de temps, ce sont des paysages très jolis, très verts, et des gens sympathiques. Certes, il est très fortement déconseillé de faire comme Ingrid : aller boire le thé avec les FARC, mais au-delà de cela, je n’ai eu aucun soucis quel qu’il soit et je n’ai ressenti aucune atmosphère peu sécurisante. Vous me direz  tu n’y as passé que 4 jours et je vous l’accorde. Toutefois, la première impression dans un pays se confirme souvent.
Bogota est une ville qui se trouve à 2700 m d’altitude et qui comme Quito en Equateur est entourée de montagnes. Ces deux villes sont très développées sur un modèle clairement américain. C’est plus frappant à Bogota.

Le retour

A l’aéroport de Bogota, on vérifie 3 fois si tu n’as rien sur toi et les stup’ ont vérifié que je n’avais pas de capsule de cocaïne entre la rate et le foie. Ils ne m’ont même pas laissé un souvenir du scanne.
A Madrid, je me suis baladé en ville, un peu la mort dans l’âme : seul, retour en Europe le 6 décembre… dure. Je n’ai pas dormi de la nuit à l’aéroport et j’ai pris mon vol le lendemain à 6h pour Paris ou j’ai retrouvé ma famille et notamment mon petit neveu, Elias, que je n’avais jamais vu. Il est mignon à croquer.

Depuis

Je me fais envahir petit à petit par la société occidentale. Le plus frappant étant qu’en Amérique du sud « vivre et laisser vivre » est un fondamental. C’est très agréable de ne pas être jugé pour tout et rien. Toutefois pour un français, cela peut paraitre être de l’indifférence pure et dure. La vengeance par excellence dans notre pays.
Le stress reprend naturellement sa place et je ressens une difficulté importante à ne pas me faire envahir, à prendre mon temps. Si facile en voyage dans des pays comme cela où c’est le quotidien de beaucoup de gens, si difficile chez nous.
Ici, on fait 1000 choses pour prouver que l’on est quelqu’un, en Amérique, on est quelqu’un parce qu’on est.

La suite

Je bosse dans une société immobilière qui semble bien tourner. Un vrai plaisir de voir que cela réagit par rapport à ce que j’ai vécu 7 ans durant, au ministère de la Défense. Un contrat de 6 mois qui va me permettre de voir un peu plus clairement mon évolution à travers le voyage et ce que je compte faire plus tard.

J’ai donc 6 mois pour faire un petit bilan de compétence, tenter de vendre mes photos, monter un dossier de sponsoring et préparer le prochain voyage s’il y a (Afrique ou Asie). Mais tout peut évoluer d’ici là. Année 2009 déjà bien remplie !

Je n’ai donc pris aucune responsabilité en dehors du travail et je tente de prendre tout le temps nécessaire à faire ce que je souhaite.

Des doutes pleins le corps alors que je ne n’ai jamais autant respiré la vie !

 

L’Islande… la suite…

Voici le revers du système actuel…
Le parfait exemple de mon article il y a quelques mois…
J’espère pour les Islandais que l’Etat ne va pas piquer dans leur caisse comme en Argentine en 2001… mais rien ne devient impossible dans ces cas.
La vie est bien comme la jungle “tout est possible, rien n’est sûr.”
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/23/naufrages-d-islande_1110252_1101386.html

Keluap

Après une journée de purge des intestins qui n’a pas fonctionné hier, j’ai décidé de prendre pour la première fois de mon voyage de l’Immodium hier soir… et oui, le Pérou ca décoiffe.
Aujourd’hui je suis allé à Keluap. Site militaire surplombant tout le paysage et plusieurs dizaines d’autres ruines de sites se trouvant aussi aux sommets de collines alentour entre 2500 et 3000 m d’altitude.
Ici, se trouvaient plusieurs centaines de personnes derrière des murs impressionnants de hauteur. Tout était fait pour que le site ne soit pas pris et les Incas ont dû l’assiéger pour couper les occupants de tout vivre alentour afin que

Keluap se rende… Ils avaient tout prévu à Keluap sauf les souterrains.
Le site est magnifique, certains disent qu’il est plus joli que le Machu Picchu… à vous de voir :o) La végétation y est encore bien présente et le site est en fouille/restauration.
La pierre est ocre et les maisons rondes comme pour toute la communauté Chachapoyas.
Pour accéder au site, il a fallu d’abord négocier pour passer alors que la route était en travaux. Sur une seconde portion, le taxi a dû s’arrêter et nous avons marché quelques kilomètres pour arriver au site. Avec moi, il y avait un américain jeune retraité qui voyageait seul avec son bateau (qu’il a laissé au Bahamas pour le moment) et un couple de péruvien de 70 ans venant Lima.

Le Pérou développe fortement le tourisme au nord du pays. C’est de l’argent facile pour eux aujourd’hui et des investissements qui permettent à la population de travailler. Kéluap est promis dans ce cadre à un bel avenir malgré seulement 15000 visites annuelles en 2007.

Celendin - Leymebamba - Chachapoyas

Selon le LonelyPlanet, c’est une route difficile dans un paysage magnifique… je confirme ! en 14 heures de trajet ce jour-là, j’ai eu peur, très très peur, j’ai souffert d’un trajet éprouvant dans un bus peu recommandable et en même temps, j’ai vu des paysages de toute beauté.
Vous sortez d’abord de Celendin, la montée est de 30 min pour 500 m de dénivelé. Les routes en pierres tassées montent tranquillement tout le long de la montagne… 10 km à 3 % parfois. Puis vous redescendez dans la vallée… 1h30 et 2000 mètres, vous voyez le point bas pendant tout le trajet mais vous ne l’atteignez jamais !
En altitude, vers 3000 m, les pans ensoleillés de la montagne présentent des prairies, mais sur les versants sud (et oui sous l’équateur…) rien n’est ensoleillé et la végétation est presque amazonienne parce que l’humidité est bien plus importante.
En bas, dans la vallée, les paturages laissent place à une végétation tropicale aidée dans son développement par la présence de rivières. Cultures de bananes présentes entre autres. Si la place est assez importante, on trouve des rizières.

En bas de la vallée on est reparti pour remonter 2000 m… 2h, évidemment. Le chauffeur bien que prudent ne m’empêche pas d’avoir le coeur qui bat fort, très fort. Les ravins sont de plusieurs centaines de mètres, tombent à pic comme je n’ai jamais vu cela et la largeur de la route  donne de quoi appréhender le voyage en permanence alors que c’est celui que tu as payé le plus cher de tout le Pérou… 14 h pour moins de 100 km à vol d’oiseau !
La photo à droite montre le bus en rouge, la route floue et les champs à gauche en tout petit… pour vous montrer que l’on ne rigole pas avec le ravin ici…
Le paysage est absolument magnifique.
Les bus s’arrêtent très souvent et c’est donc bien plus de temps que l’on prend pour descendre et monter les vallées.

Le bus m’arrête à quelques kilomètres de Leymebamba, où un petit musée est présent.
A l’époque, les Chachapoyas, "peuple des nuages", "enterraient" leurs momies de différentes manières. A l’origine, ils ligotaient les os après leur nettoyage (gloups !) et mettaient le crâne au dessus. Ils ont appris ensuite à conserver le corps en enlevant les viscères. Ils cassaient donc les ligaments des membres pour mettre les personnes en position de foetus et les enveloppaient dans plusieurs tissus. Suivant les villages, ils les mettaient dans des trous creusés à flan de falaises, dans des constructions, à même la falaise, ou bien dans des tombeaux en plâtre sous la falaise. Des tombeaux à forme humaine pour ces derniers.
Très joli je dois dire.

Pas de pillages car les Chachapoyas, bien que commercant avec tous les peuples alentours (amazoniens, mochicas sur la côte et cusquéniens au sud) n’étaient pas attirés par l’or et l’argent.
Les constructions des Chachapoyas étaient circulaires, en pierres avec joint. Les toits pointus en chaume, une orchidée au sommet. C’est impressionnant comment des constructions antiques à 15000 km les unes des autres peuvent se ressembler !
Aujourd’hui et dans les environs, il reste des centaines de ruines, toutes plus envahies les unes que les autres par la nature semi-tropicale et toutes accessibles après de longues heures de marche. Autant dire que si l’on veut visiter, il faut prendre le temps, mais le charme de ce coin n’a pas vraiment de prix.
Après avoir mangé un bout avec des francais dans le village, je suis reparti avec un autre bus pour la ville de Chachapoyas.

un sentier pas si lumineux…

Je fais taire les rumeurs tout de suite : je n’en étais pas .
-> 19 morts au Pérou
Ce genre de chose réapparait régulièrement. Près de là où je suis (200 km au sud-sud-est à vol d’oiseau) il y a des cultures de coca pour la création et l’exportation de cocaïne. Le gouvernement péruvien combat ce marché qui transite par la Colombie mais le succès se fait rare dans ces cas.
Je n’ai pas vraiment prévu de visiter ce coin… pour ces mêmes raisons : je n’ai pas trouvé les finances pour m’acheter un char Leclercq.

Cajamarca - Celendin

Sur la route entre Cajamarca et Celendin je suis presque resté 4 heures les yeux écarquillés… Les paysages verts et magnifiques sont agréables à mon œil. Les vaches, l’herbe, la campagne… Des paysages du Morvan en 10 à 50 fois plus étendus… et oui, rappelez-vous, dans les Andes tout est plus grand !!!
Dans les campagnes, des toilettes "de chantier" de partout… Cela n’existait pas il y a 10 ans, mais on apprend aux gens à ne pas polluer la terre nourricière… Quand on sait ce qui se passe à Cajamarca…

Cajamarca, ville des “fractures sociales”

Cajamarca à changé en quelques années au dire de tout le monde. Depuis que les américains ont trouvé de l’or dans le coin, les disparités sont importantes entre les personnes. Mais cela, on s’en fout un peu… si tout le monde vivait décemment…

Encore avant hier, une manifestation de 10 000 paysans contre la pénurie d’eau… Plus d’eau au robinet et dans les champs parce que la mine puise tout… imaginez… cette mine extrait plusieurs dizaines ou centaines de millions de tonnes d’or par an, en traitant la terre qui regorge de grains d’or… traitement à base d’eau et de mercure.
Cela puise toute l’eau et la rejette totalement polluée avec des métaux lourds… un vrai carnage difficile à avaler… vive la course au fric… et des milliers de personnes qui se retrouvent à court d’eau, de champs cultivables… Ca me sidère.

Vous me passerez l’expression cette fois-ci et totalement exceptionnellement : On est vraiment des enc****… enfin… l’Homme est vraiment un enc***…

Certes, pour nos stocks et nos bijoux, on a besoin d’or… (quoique en vrai) mais je pense qu’il y a des manières plus en adéquation avec l’environnement pour faire cela, surtout quand nos poches se remplissent à vu d’oeil…

Une terre à dépolluer coute bien plus cher qu’une dépollution d’eau… demandez au ministère de la Défense…

Sinon j’ai visité Cajamarca, ses jolies églises très sculptées, ses pierres calcaires édifiées au temps des incas, un couvent… jolie ville dans les montagnes…
Quelques thermes ici : "baños del Incas" alors forcément j’ai fini ma journée en faisant trempette dans l’eau chaude souffrée !!!

journée dans le bus pour faire… quelques kilomètres…

J’exagère à peine, on a fait 200 km à vol d’oiseau pour rejoindre Cajamarca et cela nous a pris 10 h… C’est la moyenne dans la région. Le voyage était particulièrement éprouvant et je n’ai pas tardé à dormir à mon arrivée à 22h.

Vivez à crédit que tout le monde disait… Sarkozy le prem’s

C’est malheureux pour les Islandais mais c’est le moment pour nous d’aller voir ce pays à l’atmosphère si différente et dont le niveau de vie nous était très cher, il y a peu !
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/l-islande-au-bord-du-gouffre_1104436_1101386.html

le Séñor de Sipan

Aujourd’hui : le séñor de Sipan, enterré il y a 1700 ans… Je suis d’abord allé au site de Sipan où ils ont fait pas mal de fouilles fructueuses. Ensuite que je suis allé voir le musée où tout est exposé à 35 km de là, Lambayeque. Musée superbe… on te confisque ton appareil à l’entrée alors vous pourrez seulement en rêver ! (http://sipan.perucultural.org.pe/)
On appelle ce chef de guerre ainsi, parce que l’on n’a pas pu l’identifier. La découverte est importante parce que c’est une tombe qui n’avait pas été visitée par des pilleurs et c’est extrêmement rare ici… Donc beaucoup de céramiques et de bijoux bien conservés.

Il faut savoir que ces pyramides d’adobe (brique en terre) étaient constituées étage par étage. Un étage par chef. Quand le chef mourrait, on remplissait l’étage de terre, on enterrait le chef dans l’étage avec tout ses proches et cela constituait le sol pour l’étage du chef suivant. A ce dernier on lui créait un nouvel étage toujours plus beau, avec des murs sculptés et peints etc…
Dans ma journée, j’ai vu un autre musée : Brunning du nom de son créateur allemand et je suis allé voir les pyramides du site de Tucume.
Le soir, je suis allé manger avec deux hollandaises de l’hôtel, ca faisait du bien de ne pas être seul.